Les lois physiques du lancer au baseball
Les lois physiques du lancer au baseball
Le base-ball exige une parfaite coordination entre les mains et les yeux.
Frapper une balle de 23,3 cm de circonférence avec une batte de 7 cm de diamètre est l'un des plus grands défis que puisse relever un athlète. C'est pourquoi celui qui frappe la balle ne serait-ce qu'une fois sur trois peut devenir un grand batteur.
Le lanceur se tient sur un monticule à une distance de 18,4 m (60 pieds 6 pouces) du batteur, menaçant, posté sur une plaque à 25 cm (10 pouces) au-dessus de son niveau. Le batteur en position, affronter une balle rapide de 154 km/h ou bien une balle cassante, beaucoup plus lente et qui semblera rester suspendue dans l'espace avant de plonger en piqué. Entre le moment où le lanceur lance la balle et le moment où elle traverse le marbre, le frappeur à moins de 2 secondes et demie pour se décider de frapper la balle avant qu'elle ne finisse dans le gant du receveur. Cette décision en quelques fractions de seconde peut donner ou ôter la victoire.
Quel est le secret des lanceurs ? Comment le bras peut-il propulser une balle de 140 g sur 18,40 m à des vitesses supérieures à celles de la plupart des voitures ? Comment parviennent-ils à envoyer la balle dans l'espace carré au-dessus de la plaque de but et à contrôler sa trajectoire tout en sachant ce qu'elle fera en atteignant sa cible ?
Le lancer commence par des répétitions
Le corps doit apprendre les mouvements nécessaires pour que la balle arrive sur la plaque à chaque fois. La pratique intensive de ces mouvements s'imprimera dans les muscles des bras et des jambes du lanceur comme le "souvenir" des gestes nécessaires pour lancer correctement la balle. Pour devenir un bon lanceur, il faut non seulement avoir un bras fort mais aussi un corps athlétique et puissant. Il faut tordre tout le corps sur lui-même comme du caoutchouc pour donner de la vitesse au lancer. Ces sont les jambes qui génèrent la plus grande puissance lors du lancer. C'est pourquoi elles amorcent le mouvement du lancer. Les jambes génèrent les 80 premiers km/h. Pour faire un test, essayez donc de lancer une balle en étant assis par terre. Vous serez surpris de voir à quel point votre lancer sera lent. Le dos et l'épaule génèrent encore 32 km/h de plus. Les 24 km/h suivants sont générés par le bras et le coude. Seuls les 16 derniers km/h sont réellement générés par la main et le poignet. En utilisant chacun de ses muscles, des pieds jusqu'à l'extrémité du bras, un lanceur développe une force semblable à celle d'un lance-pierres et peut libérer la balle à une vitesse extraordinaire.
Cependant, il ne suffit pas d'utiliser tout le corps, il faut surtout bien l'utiliser pour réussir ses lancers. Pour effectuer un bon lancer, il faut éviter de perdre l'équilibre et utiliser l'ensemble du corps avec beaucoup de coordination. La puissance des muscles des jambes, du dos et de l'épaule servant à développer la vitesse du lancer, le lanceur peut à loisir utiliser ses doigts et son poignet pour déterminer la destination exacte et l'effet donnée à la balle dès qu'elle quittera sa main. Si le lanceur ne serre pas suffisamment la balle, il ne pourra pas la contrôler. S'il la serre trop, la puissance et l'effet seront perdus. Il faut serrer la balle comme un oeuf, doucement mais fermement, afin d'obtenir un équilibre parfait entre le contrôle et la puissance. La position du bras lors du lancer est également un élément clé pour donner toute sa vitesse à la balle. Si vous tenez la balle derrière votre dos avec la paume vers le haut, cela exercera une tension importante sur votre épaule. Par contre, si vous la tenez avec la paume vers le bas, la balle semblera plus légère et votre bras sera beaucoup plus souple lorsque vous le lèverez pour lancer la balle. Pour pouvoir vous concentrer sur vos efforts, vous devez comprendre que la vitesse du lancer dépend de la parfaite coordination de tout votre corps.
Comment le lanceur contrôle-t-il la balle ? La clé réside dans les coutures de la balle. La balle est recouverte de morceaux de cuir cousus par 108 points de fil en coton rouge. Ces points (connus également sous le nom de coutures) fendent l'air lorsqu'un effet est donné à la balle lancée vers la plaque, et provoquent des différences de pression et de force sur les côtés de la balle qui la poussent dans une direction prédéfinie.
Chaque lancer commence par une prise légèrement différente de la balle. A chaque lancer, les jambes, le dos et l'épaule suivent pratiquement toujours le même mouvement. Seuls le bras et la main bougent différemment. Un petit coup du poignet peut faire décrire une courbe à la balle, la faire glisser ou l'envoyer directement vers le centre de la zone de prises. Les très bons lanceurs effectuent tous leurs lancers en gardant le bras dans la même position. La plupart des lancers laissent apparaître de petites différences dans les mouvements du bras. Lorsqu'elles sont relevées par les batteurs, ces différences révélatrices, peuvent les aider à frapper les balles beaucoup plus facilement.
Il existe essentiellement quatre types de lancers : la balle rapide, la balle à changement de vitesse, les balles cassantes et la balle papillon. Chaque lancer présente ses avantages et ses inconvénients et certains sont plus difficiles à réussir que les autres.
La balle rapide
En lançant une balle rapide, le lanceur compte sur la vitesse pour vaincre les batteurs. La main se positionne généralement de l'une des manières suivantes : la balle rapide à deux coutures et la balle rapide à quatre coutures.
La balle est lancée directement vers la plaque, elle est lâchée par les doigts qui font un mouvement sec vers le bas au moment de la libération, donnant ainsi un effet direct de rotation arrière à la balle tandis qu'elle se dirige vers la plaque. En général, les balles rapides ont un effet de trajectoire assez minime et filent directement vers la plaque. Il s'agit du lancer le plus rapide, qui requiert le moins de contrôle de l'effet de la balle. Certains lanceurs sont capables de propulser leurs balles rapides à plus de 162 km/h. C'est le lancer le plus facile à apprendre mais il faut déjà être doué à la base pour pouvoir dépasser les 146 km/h.
Il existe deux techniques types de tenir une balle rapide ; on les appelle balle à deux coutures et balle à quatre coutures (ainsi nommées en raison du nombre de coutures se trouvant dans la direction de l'effet initial). Dans les deux lancers, la prise initiale est formée par le pouce et deux doigts. Un léger mouvement des doigts vers le bas à la libération donne un effet rétro à la balle.
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Avec une balle à quatre coutures, les coutures retiennent l'air lorsque la balle tourne et celle-ci a tendance à flotter en raison de la portance générée par les quatre coutures. |
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Avec la balle à deux coutures, seules deux coutures mordent l'air et la balle a donc tendance à tomber. |
Le changement de vitesse
Le changement de vitesse est l'ultime moyen de tromper le batteur. La balle est lancée de la même manière qu'une balle rapide mais à une vitesse de seulement 16 à 24 km/h.
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Cet effet est obtenu en tenant la balle plus près de la paume et en plaçant les cinq doigts de la même manière sur la balle. Si le bout des doigts ne serre pas assez, les doigts ne peuvent pas transmettre le dernier petit effet de vitesse lorsqu'ils partent vers le bas en libérant la balle. On obtient ainsi un lancer dont le mouvement du bras est le même que celui d'une balle rapide mais dont la vitesse est beaucoup plus lente. L'objectif de ce lancer est de tromper le batteur en lui faisant croire qu'une balle rapide a été lancée pour qu'il tente de frapper avant que la balle n'atteigne effectivement la plaque. Les rois du changement de vitesse utilisent efficacement cette feinte pour faire en sorte que leur balle rapide paraisse plus rapide et ils trompent ainsi les batteurs qui brandissent la batte trop tôt |
Balles cassantes
Il existe plusieurs lancers de balle cassante. La plupart des lanceurs réussissent à en maîtriser deux ou trois.
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La fronde et la balle rapide à couture divisée sont des lancers similaires à la balle rapide dans la manière dont on tient la balle mais ils se caractérisent par le glissement de la balle entre les deux premiers doigts, ce qui donne un effet différent à chaque lancer. Les doigts sont écartés des coutures, et la balle est lancée comme une balle rapide à deux coutures. En général, ce lancer est légèrement plus lent que la balle rapide mais il peut se diriger vers la gauche, la droite ou le bas selon l'effet donné par les doigts. La balle rapide à couture cassée est une version plus lente de la balle rapide lancée avec les deux doigts de part et d'autre des coutures, mais moins écartés que pour la fronde. Etant donné que le léger mouvement des doigts n'est pas aussi efficace que pour la balle rapide, le lancer est légèrement plus lent et a tendance à se diriger un peu plus à gauche ou à droite qu'une balle rapide à deux coutures classique. |
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La balle courbe est la plus connue des balles cassantes. Deux doigts sont placés le long d'une couture extérieure de la balle et le poignet est fouetté vers le bas en enroulant la balle (mouvement vers l'extérieur de la balle). Cet effet fait plonger la balle lors de son trajet vers la plaque car l'effet est réparti sur les deux côtés et aucune portance n'est créée par interférence des coutures lorsque la balle est en l'air. La balle courbe est généralement 16 à 32 km/h plus lente que la balle rapide. |
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La balle glissante est similaire à la balle courbe, mais elle est généralement lancée avec une ouverture de bras légèrement plus grande et plus basse que pour la balle courbe, la prise se faisant plus haut sur les coutures. Cela donne à la balle un effet latéral qui oriente sa trajectoire vers le bas et vers le côté opposé de la plaque (de la droite vers la gauche en étant face à la plaque si le lanceur est droitier). |
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La balle tire-bouchon est la balle cassante la plus difficile à lancer car elle va contre le mouvement naturel du bras au moment du lancer. Pour ce lancer, deux doigts sont placés le long des coutures intérieures de la balle et le poignet est fouetté vers le bas et l'intérieur de la balle au moment de la libération. Cet effet éloigne la balle tire-bouchon du lanceur (encore plus vers la droite pour un lanceur droitier). Ce lancer implique une tension importante sur le coude du lanceur et il est très difficile de le réaliser de manière efficace. |
La balle papillon
Le dernier type de lancer est la balle papillon.
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L'extrémité des doigts s'enfonce dans la balle de sorte que les phalanges des doigts la maintiennent très fermement. A la libération de la balle, les doigts se relâchent en propulsant la balle vers la plaque sans appliquer aucun effet. Ce lancer dépend des courants d'air naturels qui agissent sur les coutures de la balle tandis qu'elle flotte vers la plaque sans effet tournoyant. La balle peut alors se diriger dans n'importe quelle direction. La balle papillon est un lancer très lent mais qui peut s'avérer très efficace du fait qu'il est difficile de prévoir sa trajectoire. Les batteurs ont beaucoup de difficulté à frapper cette balle mais le lancer est très difficile à maîtriser. De nos jours, il y a peu de bons lanceurs de balles papillons même parmi les professionnels. |
Pour lancer une balle à plus de 146 km/h, il faut avoir un don naturel pour le lancer et travailler sérieusement mais tout le monde peut apprendre à devenir un bon lanceur, capable de faire suivre une courbe à une balle et de la faire glisser ou flotter. Il suffit pour cela de beaucoup s'entraîner et de pratiquer de manière intensive.
Remarques :
- La majorité de ces lancers font subir une tension importante sur le coude et le poignet s'ils ne sont pas réalisés correctement. Un lanceur non expérimenté en mécanique des lancers ne devrait pas tenter de lancer autre chose qu'une balle rapide ou une balle à changement de vitesse, sinon il pourrait se blesser le bras de manière irrémédiable. La plupart des entraîneurs ne laissent pas les lanceurs de moins de 13 ou 14 ans lancer des balles cassantes sans s'assurer que leurs bras seront suffisamment forts pour supporter l'effort.
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